Linux contre l’obsolescence programmée !

Avec la fin récente de Windows XP, beaucoup d’ordinateurs se sont retrouvés avec un système d’exploitation complètement laissé à l’abandon. Il fallait upgrader. Mais avec quoi, et comment ?! Installer une nouvelle version de Windows sur un PC acheté avec XP promet – en plus de passer à la caisse – d’avoir un ordinateur qui rame complètement. Eh oui, ce n’est un secret pour personne, chaque nouvelle mouture d’un OS nécessite plus de puissance. Autre solution : acheter un ordinateur tout neuf avec l’OS du moment… mais bon, quand on a un ordinateur qui marche, pourquoi le mettre à la poubelle et en acheter un nouveau ? Voyons donc comment Linux peut venir à notre rescousse.

Le matériel ne vieillit pas

L’ami Horyax, qui est le spécialiste du hardware, a écrit un article expliquant pourquoi votre ordinateur ne vieillit pas. En résumé, le matériel ne perd pas en performance avec les années. Donc si votre PC acheté il y a 10 ans marchait très bien pour l’usage que vous en faisiez et que vos habitudes d’utilisations n’ont pas évolué, il n’y a pas de raison que cette machine ne fasse plus l’affaire.

J’ai déjà deux articles qui expliquent comment « dépoussiérer » un système de manière logicielle, le second étant plus spécifique aux ordinateurs Apple.

Seulement voilà, il arrive un moment où il ne s’agit plus de donner un coup de balayette à un système mais carrément d’en changer car, à l’instar de Windows XP, ce dernier commence à se faire vraiment trop vieux.

Comme expliqué en introduction, il est difficilement envisageable d’installer la version suivante du système de Windows car celle-ci, plus gourmande en ressource, risque très fortement de faire complètement ramer le PC. Changer de matériel dès qu’on met à jour du logiciel, ça s’appelle quelque part de l’obsolescence programmée. Le matos ne tombe pas en panne, il n’est juste plus adapté, donc inutile.

Linux à la rescousse

Alors comment Linux peut-il venir à notre rescousse ? Premièrement, Linux est gratuit, ce qui veut dire qu’il vous suffit de le télécharger et de l’installer pour avoir un ordinateur à jour, et sans débourser un seul centime. De plus, la majeure partie des logiciels sont aussi gratuits : LibreOffice (ou OpenOffice) n’ont rien à envier à la suite Office de Microsoft : traitement de texte, tableur, présentation, le tout fonctionne à merveille et est compatible avec les logiciels Microsoft (on peut lire et enregistrer dans les formats des fichiers de la suite Office). La très grande partie de l’utilisation bureautique et multimédia d’un ordinateur est couverte et quand on sait que la plupart du temps l’utilisation d’un PC se limite à navigation internet + mail + traitement de texte + lire photos, vidéos et musiques, vous pouvez y aller les yeux fermés !

Linux est compatible avec la majeure partie du matériel. Si vous avez un doute sur un composant ou un modèle précis d’ordinateur, n’hésitez pas à utiliser les moteurs de recherche. De nombreux renseignements sont aussi disponible via cette page (onglet 6 configurer). Venons-en aux choses sérieuses. Il existe une multitude de distributions (comprenez versions ou modèles) de Linux. Ubuntu est celle que j’affectionne tout particulièrement parce qu’elle est simple d’utilisation, intuitive et ergonomique. Le bureau d’Ubuntu n’a rien à envier à celui de Mac OS ou de Windows (quelle que soit sa version).

Bureau d'Ubuntu

Aperçu du bureau Unity de Ubuntu

Vous pouvez constater que l’interface est plus que propre. Cette dernière, très riche, nécessite quand même quelques ressources matérielles et un vieil ordinateur, tel que les premiers ordinateurs à avoir été vendus avec Windows XP, ne suffiront peut-être pas à faire tourner de manière fluide ce bel OS.

Rien de grave, car Ubuntu est proposé avec plusieurs environnement de bureau, dont Xubuntu et Lubuntu qui sont respectivement peu et très peu gourmands en ressources. Pour clarifier les choses, un environnement de bureau regroupe l’interface graphique ainsi qu’un ensemble de logiciels pré-installés; mais le système d’exploitation reste inchangé. Vous pouvez d’ailleurs avoir un aperçu des différents environnements disponibles avec Ubuntu.

Cela convient particulièrement aux ordinateurs de faible puissance. Ces deux versions n’ont pas moins d’outils ou de logiciels disponibles et ne sont pas moins bien, elles écopent simplement d’interfaces graphiques (comprendre d’un bureau ou environnement de travail) plus légères. Mais tous les logiciels y sont également disponibles et rien ne vous empêche d’installer Lubuntu sur un foudre de guerre, ce dernier n’en sera que plus rapide !

Bureau de Xubuntu

Aperçu du bureau de Xubuntu

Ci-dessus, le bureau de Xubuntu, ça reste tout à fait sympa. On perd un peu en sexy, mais c’est toujours aussi intuitif et surtout, c’est fluide.

En réalité, je n’utilise que très rarement Xubuntu, c’est un peu une question de goût, mais soit l’ordinateur est suffisamment véloce pour fonctionner avec Ubuntu, soit je passe directement à Lubuntu, qui est encore plus léger.

Cela dit, il y a également l’environnement Mate qui existe dans de nombreuses distributions, dont Ubuntu, et constitue une bonne alternative aux différents environnements de bureaux. Il est en effet à la fois complet et épuré. À la fois épuré et graphique, il existe aussi Cinnamon avec la version Cubuntu.

Bureau de Cubuntu

Aperçu du bureau de Cubuntu

Quelle distribution sur quelle machine ?

Il reste à savoir, sur quelle machine peut-on installer quoi. En règle générale il est toujours sage d’avoir un peu de marge et de ne pas installer Ubuntu si l’ordinateur en question correspond juste à la configuration minimale. Ça marchera, oui, mais ça aurait pu être plus fluide en installant autre chose !

Ubuntu recommande 1GB de RAM, un processeur Dual Core et 10GB d’espace disque, mais c’est confortable d’avoir plus si on veut y stocker quelques fichiers et enfin une carte graphique supportant l’accélération 3D et qui a au moins 256MB de mémoire vive. 1GB de RAM et un CPU Dual, les vieux Windows XP ne l’ont pas forcement. Même si ce sont ici des spécifications pour être confortable, je le répète le système peut tourner avec moins, mais ce sera au détriment de la fluidité.

Pour Lubuntu et Xubuntu, vous pourrez même faire tourner des vieux coucous qui descendent en dessous du gigahertz au niveau du processeur et de 256MB de RAM (c’était le cas des premiers XP !), je vous laisse visiter la page d’Ubuntu francophone pour plus de précisions.

Petit détail : il existe des versions pour les architectures 32 et 64 bits. Les versions 32 bits sont de toute façon compatible avec les système 64 bits tandis que l’inverse n’est pas vrai. En cas de doute, prenez donc du 32. En outre, les versions 64 bits ont tendance à nécessiter un peu plus de mémoire que les 32, elles sont bien adaptées pour les systèmes assez puissants sur lesquels ont veut gérer de grandes quantités de mémoires. Néanmoins, pour les systèmes plus modestes, optez pour le 32. D’autant plus qu’il y a moins de problème de compatibilité avec ces versions.

Pour conclure, il y a quelque mois j’ai passé les ordinateurs d’une PME qui étaient sous Windows XP en Lubuntu (±1GB de RAM et niveau CPU, du Athlon, du Sempron du Pentium 4 entre 1,4 et 1,8GHz). La période d’adaptation s’est passée en douceur. Les utilisateurs des systèmes en questions ont eu la joie de retrouver une navigation fluide, notamment sur Internet où ils utilisaient encore Internet Explorer 8 et il n’y a pas eu de besoins non assouvis en terme d’offre logicielle.

Le dirigeant est plutôt heureux de savoir que la version long terme lui garanti au moins 5 ans de support et qu’il bénéficie gratuitement d’un système sécurisé et mis à jour. L’entrepise en question a donc pu prolonger la durée de vie de son parc et c’est aussi un très bon geste pour l’environnement. Le seul poste à être resté sous XP est celui sur lequel est installé Ciel Compta, car ce dernier n’est pas disponible sous Linux. Cependant, d’autres solutions existent et l’offre grandissante de logiciels de comptabilité dans le cloud devrait permettre de bientôt franchir le cap du dernier poste sous Windows.

Que vous soyez un particulier ou une entreprise, n’hésitez plus à passer à Linux. De plus, si vous vous sentez chaud, je vous invite à découvrir toute la puissance de la ligne de commande. Enfin, en cas de pépins, adressez vous à la communauté, elle vous recevra chaleureusement et saura vous aider !

Déjà 2 réponses, rejoignez la discussion !

    • Buzut

      dit  :

      Bonjour,

      Il existe de nombreux systèmes permettant d’automatiser le déploiement et la maintenance de machines de manière centralisée : Chef, Puppet, Ansible. Canonical, la société derrière Ubuntu, propose aussi une solution maison : Landscape.

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